De la métamorphose des images
Changement d'échelle, changement de support et changement de geste :
Marc Linder abandonne (pour un temps ?) les monumentaux blocs de grès qu'il taillait en force pour se concentrer sur la réalisation minutieuse de petites images sur porcelaine.
Ses images minimales - polies et brillantes, grises et monochromes - sont à la fois précieuses et mystérieuses. Elles représentent d'énigmatiques personnages isolés ou en groupe qui affleurent à la surface des supports lisses de la taille d'une carte postale. Les sujets évoquent le plus souvent des scènes de l'Antiquité ou de la Bible. Nimbées d'une lumière laiteuse, ces petites oeuvres sont aussi paradoxales qu'étranges.
L'apparente simplicité des images de Marc Linder est trompeuse. Elles sont issues d'un processus complexe de transformations successives. A l'origine, l'artiste choisit des photos dans l'actualité des journaux ou parmi les classiques des livres d'art ; il reproduit ensuite le motif sous forme d'un bas-relief sculpté dans la glaise et photographie le résultat. La photographie numérique ainsi obtenue est alors transférée sur un support de porcelaine, objet final, selon un procédé utilisé à Limoges.
Le titre que Marc Linder attribue à ses oeuvres - "Corps" pour une série de Christ en croix, "Les rois mages" pour une assemblée d'Afghans- achève le brouillage.
Curieusement, les diverses interventions de l'artiste, au lieu de charger les images,
les dématérialisent progressivement jusqu'à leur donner des apparences de spectre.
C'est que Marc Linder ne cherche ni à produire, ni même à reproduire des images.
Mais à les tester. En leur imposant de méticuleuses métamorphoses, il vérifie leur malléabilité, leur pouvoir d'expression et leur résistance au temps.
Au final, peu importe de savoir d'où viennent les images, à qui elles servent, ce qu'elles nous montrent et ce qu'on en comprend, puisque même transfigurées sur porcelaine, elles continuent de nous parler.
Corinne IBRAM
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Image :
// Représentation d'une personne ou d'une chose réflechie dans un corps poli.
// Représentation d'une personne, d'une chose par l'art: image dessinée, peinte, gravée,
sculptée.
// Représentation des divinités, des saints.
// Petite estampe représentant un sujet religieux ou autres.
Fig.: Ce qui imite, reproduit, donne l'idée de...
Les hommes font Dieu à leur image (Voltaire).
ENCYCL. Antiq. rom. On nommait, chez les Romains," droit d'image", le privilège, possédé par les nobles, de conserver dans leur atrium et d'exposer dans certaines cérémonies les portraits de leurs ancêtres qui avaient exercé des magistratures curules. Quand les magistratures curules furent accessibles à la plèbe, il se forma une noblesse plébéienne qui eut le "droit d'image". Les images étaient le plus souvent des bustes, en cire peinte, exécutés d'après un moule pris sur le défunt. Aux funérailles, ces images accompagnaient le convoi. Les images des empereurs vivants figuraient sur les enseignes des légions, qui leur rendaient un culte. Le refus de cet hommage d'un caractère religieux fut cause de martyre de nombreux soldats chrétiens.
Archéol.
On appelait, au moyen âge, images toutes les figures sculptées ou peintes. Indépendamment des grandes images qui ornaient les églises et les palais, les images meublantes de petite dimension formaient le grand fond de l'imagerie. Ces dernières étaient le plus souvent dans les appartements, renfermées dans de petites armoires dont les vantaux étaient eux-mêmes peints et sculptés.Dans les chambres à coucher, il y avait presque toujours, au moyen âge, une image de la Vierge, de Jésus-Christ et du patron de l'habitant ( quinzième et seizième siècle). Les tablettes sculptées à deux ou trois panneaux, dyptiques ou tryptiques, étaient destinées à décorer les ruelles de lit, les prie-Dieu, les oratoires.
Au seizième siècle, les images peintes sur émail, à Limoges, remplacèrent les images à volets en ivoire. Au quatorzième et quinzième siècle, on prisa extrêmement les images "ouvrantes", c'est-à-dire des statues et statuettes s'ouvrant par le milieu et laissant voir, dans leur intérieur, soit des reliques, soit des scènes sculptées.
Relig. Culte des images. La loi de Moïse prohibait le culte des images représentant la divinité. Les premiers chrétiens, dès le III siècle, honorèrent des images de Jésus-Christ et des martyrs. Niée par les iconoclastes, au VIII siècle, la légitimité du culte des images fut proclamée par le deuxième concile de Nicée (787). Elle fut de nouveau attaquée par les cathares, au douzième siècle, et par les protestants au seizième. La doctrine catholique est exposée dans un décret du concile de Trente: "Il faut garder et retenir les images de Jésus-Christ, de la Sainte Vierge et des autres saints, parce que l'honneur que l'on rend aux images se rapporte aux originaux qu'on se représentent."
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